Mémoires d’Hadrien, de Marguerite Yourcenar

Roman historique de Marguerite Yourcenar (1951)

Recommandé: oui!

Sous la plume de Marguerite Yourcenar, l’empereur romain Hadrien écrit ses mémoires, depuis sa jeunesse, son ascension vers le pouvoir puis son exercice, jusqu’ à sa mort.

Ce qui marche

  • La façon dont l’auteur s’est glissée dans la tête de l’empereur romain. Au-delà de son érudition, cette oeuvre est un concentré de réflexions sur le pouvoir, l’Histoire, les religions, la philosophie, le vieillissement.
  • Un style impeccable, qui est d’une rare richesse.

Ce qui ne marche pas

  • Quelques longueurs peut-être?

Quelques citations

Ce sont finalement des citations qui permettent le mieux de se rendre compte de cette oeuvre inclassable. En voici quelques unes.

« L’empereur détestait d’instinct les subalternes indispensables. Il eût mieux compris, de ma part, un mélange de zèle et d’irrégularité dans le service; je lui paraissais presque suspect à force d’être techniquement sans reproche. »

« Je voulais que mon prestige fût personnel, collé à la peau, immédiatement mesurable en terme d’agilité mentale, de force, ou d’actes accomplis. »

« Notre Rome n’est plus la bourgade pastorale du vieil Evandre, grosse d’un avenir qui est déjà en partie passé; la Rome de proie de la République a rempli son rôle; la folle capitale des premiers Césars tends d’elle-même à s’assagir; d’autres Romes viendront, dont j’imagine mal le visage, mais que j’aurai contribué à former. (…) Rome se perpétuerait dans la moindre petite ville où des magistrats s’efforcent de vérifier les poids des marchands, de nettoyer et d’éclairer leurs rues, de s’opposer au désordre, à l’incurie, à la peur, à l’injustice, de réinterpréter raisonnablement les lois. Elle ne périrait qu’avec la dernière cité des hommes. »

« Notre époque, dont je connaissais mieux que personne les insuffisances et les tares, serait peut-être un jour considérée, par contraste, comme un des âges d’or de l’humanité. »

« Mes vœux enfin se réalisent, mais de façon plus lente et plus indirecte qu’on n’avait cru. »

Joël