Ex machina, film de Alex Garland (2015)

Recommandé: non!

Ce qui marche

A vrai dire, peu de choses fonctionnent réellement dans ce film.  Il a simplement l’avantage de parler de sujets à la mode: intelligence artificielle, singularité etc.

Ce qui ne marche pas

  • L’un des personnages principaux, Nathan, est un « informaticien de génie », patron d’une grosse entreprise d’informatique et créateur d’une intelligence artificielle révolutionnaire. Pourtant dans tout le film on ne le voit que 1/ boire des bières 2/ boxer 3/ regarder des webcams.  Ce personnage peu crédible est en outre interprété sans conviction par Oscar Isaac.
  • Le scénario est mal ficelé. L’histoire avance laborieusement à chaque fois qu’il y une coupure de courant (pour éviter les webcams…) et est souvent prévisible (le héros qui succombe aux charmes de l’intelligence artificielle). Enfin, le scénariste semble n’avoir pas compris grand-chose au test de Turing.
  • La musique est particulièrement ennuyeuse.

En un mot, une tentative ratée de parler de sujets intéressants.  Real Humans, série suédoise passée sur Arte, avait bien mieux réussi sur des sujets similaires.

Joel

Lire aussi: une critique italienne

L’Histoire selon Dingo

L’Histoire selon Dingo est une série de bande-dessinée parue dans Super Picsou Géant dans les années 80 et 90, où Dingo prend le rôle de personnages célèbres (personnages historiques ou de fiction).

Ce sont des histoires d’une rare créativité, avec un humour parfois absurde, un ton burlesque qui provoque des grands éclats de rires au lecteur ou parfois une mélancolie étonnante. Elles bénéficient de l’un des meilleurs dessins de bande-dessinée Disney de l’époque. Malheureusement cette série n’a jamais été rééditée depuis: il faut donc se constituer une collection de Super Picsou Géants pour en profiter.

Voici un aperçu de quelques épisodes.

Galilée

Paru dans Super Picsou Géant 25 (Août 1988).

Strauss

Paru dans Super Picsou Géant 31 (Août 1989). Sans doute l’un des meilleurs épisodes!

Docteur Trankill et Mister Twist

Paru dans Super Picsou Géant 32 (Octobre 1989).

Une liste (mais j’ignore si elle est exhaustive) de différents épisodes de la série est disponible sur ce site.

Joel

Le glacier Blanc

Le Pelvoux vu depuis la terrasse du refuge du Glacier Blanc. Photo prise en soirée après le coucher du soleil.
Au même moment et depuis le même endroit: le Glacier Blanc vu depuis le refuge du Glacier Blanc. 
Le Glacier Blanc en direction de la vallée. Photo prise le lendemain matin depuis le sentier de moraine entre le refuge du Glacier Blanc et le refuge des Écrins.
Photo prise au même endroit dans l’autre sens: le Glacier Blanc en direction des Écrins – on aperçoit le Dôme de neige au fond.
Le Pelvoux derrière le glacier Blanc. Photo prise à l’endroit où le sentier de la moraine rejoint le glacier. Au-delà, les crampons sont obligatoires!

 

 

Valérian et la cité des mille planètes

Film de Luc Besson (2017). 

Recommandé: oui!

Ce qui marche

  • Valérian est un film complet: il y a de l’action, du mystère, de l’exotisme, de l’humour, une histoire d’amour, des personnages attachants, un méchant et des personnages secondaires réussis.
  • Le rendu visuel est splendide. C’est un foisonnement de couleurs, de formes, de créatures et de costumes qui en mettent plein la vue. C’est d’autant plus appréciable que les films de science-fiction ou d’actions sont aujourd’hui majoritairement sombres, avec abondance de gris et de faible luminosité. Besson est à contre-courant et c’est très agréable pour le spectateur 🙂

Ce qui ne marche pas

  • La musique du film est décevante. Signée Alexandre Desplat, pourtant auteur de la splendide B.O. du Grand Budapest Hotel, elle était attendue mais reste assez banale. On sort de la salle de cinéma sans garder un seul air en tête.

En résumé: un divertissement d’excellente qualité!

Joel

Lire aussi: une critique américaine, une critique italienne

Blockchains: quelques liens

L’objectif de ce court article est de lister quelques liens utiles pour comprendre les blockchains.

  • https://anders.com/blockchain/

C’est une vidéo de 17 minutes (en anglais) et c’est à ce jour la meilleure introduction aux blockchains  que j’ai trouvée.

  • https://bitsonblocks.net/2015/09/09/a-gentle-introduction-to-blockchain-technology/

Une explications (en anglais) très pragmatique sur les concepts techniques à la bases des blockchains.

  • https://www.youtube.com/watch?v=93E_GzvpMA0

Une illustration vidéo plus fonctionnelle (et toujours en anglais) sur les blockchains

Joel

 

S’abandonner à vivre, de Sylvain Tesson

Recueil de nouvelles de Sylvain Tesson

Recommandé: oui!

Ce qui marche

  • La langue française maniée avec virtuosité. Chaque nouvelle est un plaisir à lire, quel que soit son sujet.
  • Des personnages et des situations qui sonnent juste. Il n’y a pas ce côté artificiel de tant d’auteurs modernes. L’auteur a beaucoup observé, beaucoup vécu et l’expérience se sent dans ses écrits.
  • Même si les sujets des nouvelles sont des plus variées, certains thèmes sont chers à l’auteur et reviennent souvent: la culture russe, les grands espaces, l’escalade. On retrouve aussi souvent une petite pointe d’anarchisme lorsqu’il parle des sociétés occidentales.

Ce qui ne marche pas

  • Le regard porté par l’auteur sur les personnes, les situations, la société (et j’en passe) est généralement négatif. Ce sont des textes engagés, parfois quasiment des textes d’écorché, dont il ressort cynisme (un peu) et pessimisme (beaucoup). Après quelques nouvelles on s’habitue et on s’étonne moins: des retournements en deviennent prévisibles.

Citations

  • « Il y a des ermites qui ont fini assis sur des colonnes. Était-ce pour se rapprocher de Dieu ou pour fuir les emmerdeurs? »
  • « un écueil qui fracassa tellement de vaisseaux qu’on se demande si ce n’est pas l’accumulation des épaves qui constitue le haut-fond »

Joël

Xavier Niel, la voix du pirate

Biographie de Solveig Godeluck et Emmanuel Paquette. 2016.

Recommandé: non!

Ce qui marche

  • La documentation précise, souvent référencée, donne une grande crédibilité à cette biographie de Xavier Niel, fondateur de Free. La biographie n’est ni à charge ni hagiographique: c’est le principal intérêt.
  • Les interviews menées par les auteurs, en particulier, donnent des points de vue variés sur des épisodes clefs de sa carrière. Ce sont pour certains des personnes clefs de l’industrie du web, et ce sont des points de vue qui ont une valeur notable.

Ce qui ne marche pas

  • Le choix de raconter les différents épisodes de la vie de Xavier Niel dans le désordre. Assumée par les auteurs « pour en accroître le suspense », cette idée ne fonctionne pas. On y perd la progression du personnage, certains sujets sont traités en plusieurs endroits du livre.
  • L’écriture du texte est décevante: certains paragraphes s’apparentent plus à une compilation de notes d’enquêtes qu’à une réelle analyse ou à un réel récit. Peu de recul: c’est dommage car on attend d’une biographie autre chose qu’une accumulation de données.
  • L’absence d’explications techniques. Les auteurs soulignent souvent que c’est par la technique que Xavier Niel a devancé nombre de ses concurrents au cours de sa carrière. Malheureusement, aucun effort n’est fait pour expliquer cet aspect au lecteur alors qu’on pouvait espérer un effort de vulgarisation. C’est dommage.

En résumé: sujet très intéressant, mais livre décevant!

Joel

Player One, de Ernest Cline

Titre original: Ready Player One. Roman de 2011.

Recommandé!

Ce qui marche

  • L’efficacité de l’intrigue. Passé l’exposition de son univers, l’action est efficace et on n’a qu’une seule envie: continuer à lire. C’est un scénario des plus classiques, basée sur une quête avec des personnages très gentils et des très méchants. Transposées dans un univers virtuel, les grosses ficelles des histoires d’aventure sont là et fonctionnent toujours: par exemple le héros qui croit voir passer une ombre dans une bibliothèque et envisage qu’un espion est en train de les observer.
  • La culture américaine pop et geek des années 80. Pour qui est intéressé par cette culture assez spécialisée, c’est un grand plaisir: Pacman, Zork etc pour les jeux vidéos, TRS-80, consoles Atari pour le hardware, idem pour la musique et le cinéma. L’auteur joue sur la passion du lecteur, et ça marche! Il ne prétend d’ailleurs pas être exhaustif mais assume des choix purement personnels. Les années 80 s’étendent en réalité de la fin des années 70 (Star Wars) au début des années 90.
  • Les personnages principaux: ils sont intelligents et sympathiques. En lisant, on a envie qu’ils réussissent.

Ce qui ne marche pas

  • C’est une énième vision pessimiste du futur. En 2045, la terre a épuisé ses ressources, la pauvreté est partout etc. Les gens vivent dans des caravanes empilées les unes sur les autres. Idem pour le héros, élevé par une tante qui ne l’aime pas: enfance frustrée, mère morte d’une overdose, père qu’il n’a jamais connu… Tout cela sent le déjà-vu.
  • Les 100 premières pages servent à expliquer le contexte: c’est beaucoup. Si l’auteur situe son action en 2045, en réalité il parle des « années 80 », reconstituées de manière virtuelle: c’est son vrai sujet. Expliquer comment les années 80 sont redevenues à la mode en 2045 est un peu laborieux et E.Cline a besoin de ces 100 pages pour faire passer le message.
  • Enfin, les technologies de 2045 sont décevantes pour un livre de Science-Fiction et ressemblent plus à une amélioration de ce qu’on connaît aujourd’hui plutôt qu’à une réelle anticipation. En gros, son monde virtuel correspond à ce que veut faire Facebook avec Oculus rift en couplant réalité virtuelle et réseaux sociaux. Lorsque le roman a été écrit en 2011, c’était sûrement une vision neuve. En 2017,  elle semble beaucoup moins exotique. J’ai aussi été étonné de voir que dans 28 ans, il y aurait toujours Youtube et Ebay et qu’on écrirait toujours des blogs (il y a 28 ans, internet n’existait pas pour le grand public, donc le potentiel de changement en cette période est énorme). On assiste finalement à un mélange des époques (1980, 2010 et 2045) où l’auteur a mis ce qui lui plaisait et ce qui était pratique pour son intrigue.

En résumé: un bon roman!