Stalkers

Roman de science-fiction de Arkadi et Boris Strougatski (1972).

Recommandé: Oui!

Ce qui marche

  • L’idée de départ est géniale: des extraterrestres sont venus sur Terre, sont repartis et ont laissé beaucoup de choses dont personne ne sait à quoi elles servent ni comment les utiliser, mais qui sont d’une technologie bien supérieure à la nôtre. Le roman aborde les effets qu’un tel évènement aurait sur la science et la société, ainsi que sur les personnes (les stalkers) qui explorent à leurs risques et périls les zones où les objets ont été trouvés.
  • Le style est efficace, la construction de l’histoire est complexe et intéressante en alternant plusieurs points de vue. Il y a du suspense et le personnage principal devient progressivement sympathique au lecteur.

Ce qui ne marche pas

  • Il y a tellement d’idées dans ce roman que nombreuses sont celles qui ne sont pas creusées: elles sont juste mentionnées.  Des auteurs d’aujourd’hui broderaient des trilogies entières sur chacune de ces idées! Il reste malgré tout ici une petite frustration de ne pas les voir exploitées du tout.

En résumé: un roman original, stimulant et captivant.

Joel

 

Sérotonine, de M. Houellebecq

Roman de Michel Houellebecq (2019)

Recommandé: non!

Ce qui marche

  • L’auteur étant célèbre, on peut revendre Sérotonine à un prix correct d’occasion sur amazon ou eBay . Ce n’est pas négligeable.

Ce qui ne marche pas

  • Le style est très inégal: quelques fulgurances de très bonne facture sont noyées au milieu de ce qui s’apparente trop à du remplissage facile ou mal ficelé.
  • Difficile d’être passionnant avec les sujets abordés dans Sérotonine: l’amitié entre un dépressif et un désespéré, la vie médiocre d’un gars médiocre (mais riche, sinon l’histoire ne tenait pas) rempli d’anti-dépresseurs etc.
  • Le roman décolle un peu lorsqu’il parle des difficultés du monde rural et agricole, mais n’est pas Steinbeck qui veut, et malheureusement Houellebech ne l’est pas.

En résumé: un roman d’environ 300 pages qui donne l’impression d’en avoir 150 de trop.

Joel

 

Cap sur la gloire, de Alexander Kent

Roman d’aventure Alexander Kent (1968)

Recommandé: pourquoi pas, mais sans grand enthousiasme…

Ce qui marche

  • Tous les ingrédients du roman d’aventure maritime sont présents: les batailles navales, les abordages, les mutineries, la rivalité franco-anglaise etc.
  • C’est un roman idéal pour se changer les idées, profiter du dépaysement (les Antilles, l’océan) et se plonger dans le monde maritime de la fin du XVIIIème siècle (l’intrigue se passe en 1782). L’histoire mélange très bien le réalisme maritime et les nécessités d’un roman de distraction.

Ce qui ne marche pas

  • Pour qui a déjà lu quelques romans d’aventure ou de pirates, celui-ci présente peu de surprises. Malheureusement, une bonne partie de l’histoire et la plupart des retournements de situation sont prévisibles, parfois dès le début du livre.

Joël

Mémoires d’Hadrien, de Marguerite Yourcenar

Roman historique de Marguerite Yourcenar (1951)

Recommandé: oui!

Sous la plume de Marguerite Yourcenar, l’empereur romain Hadrien écrit ses mémoires, depuis sa jeunesse, son ascension vers le pouvoir puis son exercice, jusqu’ à sa mort.

Ce qui marche

  • La façon dont l’auteur s’est glissée dans la tête de l’empereur romain. Au-delà de son érudition, cette oeuvre est un concentré de réflexions sur le pouvoir, l’Histoire, les religions, la philosophie, le vieillissement.
  • Un style impeccable, qui est d’une rare richesse.

Ce qui ne marche pas

  • Quelques longueurs peut-être?

Quelques citations

Ce sont finalement des citations qui permettent le mieux de se rendre compte de cette oeuvre inclassable. En voici quelques unes.

« L’empereur détestait d’instinct les subalternes indispensables. Il eût mieux compris, de ma part, un mélange de zèle et d’irrégularité dans le service; je lui paraissais presque suspect à force d’être techniquement sans reproche. »

« Je voulais que mon prestige fût personnel, collé à la peau, immédiatement mesurable en terme d’agilité mentale, de force, ou d’actes accomplis. »

« Notre Rome n’est plus la bourgade pastorale du vieil Evandre, grosse d’un avenir qui est déjà en partie passé; la Rome de proie de la République a rempli son rôle; la folle capitale des premiers Césars tends d’elle-même à s’assagir; d’autres Romes viendront, dont j’imagine mal le visage, mais que j’aurai contribué à former. (…) Rome se perpétuerait dans la moindre petite ville où des magistrats s’efforcent de vérifier les poids des marchands, de nettoyer et d’éclairer leurs rues, de s’opposer au désordre, à l’incurie, à la peur, à l’injustice, de réinterpréter raisonnablement les lois. Elle ne périrait qu’avec la dernière cité des hommes. »

« Notre époque, dont je connaissais mieux que personne les insuffisances et les tares, serait peut-être un jour considérée, par contraste, comme un des âges d’or de l’humanité. »

« Mes vœux enfin se réalisent, mais de façon plus lente et plus indirecte qu’on n’avait cru. »

Joël

Ex machina, film de Alex Garland (2015)

Recommandé: non!

Ce qui marche

A vrai dire, peu de choses fonctionnent réellement dans ce film.  Il a simplement l’avantage de parler de sujets à la mode: intelligence artificielle, singularité etc.

Ce qui ne marche pas

  • L’un des personnages principaux, Nathan, est un « informaticien de génie », patron d’une grosse entreprise d’informatique et créateur d’une intelligence artificielle révolutionnaire. Pourtant dans tout le film on ne le voit que 1/ boire des bières 2/ boxer 3/ regarder des webcams.  Ce personnage peu crédible est en outre interprété sans conviction par Oscar Isaac.
  • Le scénario est mal ficelé. L’histoire avance laborieusement à chaque fois qu’il y une coupure de courant (pour éviter les webcams…) et est souvent prévisible (le héros qui succombe aux charmes de l’intelligence artificielle). Enfin, le scénariste semble n’avoir pas compris grand-chose au test de Turing.
  • La musique est particulièrement ennuyeuse.

En un mot, une tentative ratée de parler de sujets intéressants.  Real Humans, série suédoise passée sur Arte, avait bien mieux réussi sur des sujets similaires.

Joel

Lire aussi: une critique italienne

L’Histoire selon Dingo

L’Histoire selon Dingo est une série de bande-dessinée parue dans Super Picsou Géant dans les années 80 et 90, où Dingo prend le rôle de personnages célèbres (personnages historiques ou de fiction).

Ce sont des histoires d’une rare créativité, avec un humour parfois absurde, un ton burlesque qui provoque des grands éclats de rires au lecteur ou parfois une mélancolie étonnante. Elles bénéficient de l’un des meilleurs dessins de bande-dessinée Disney de l’époque. Malheureusement cette série n’a jamais été rééditée depuis: il faut donc se constituer une collection de Super Picsou Géants pour en profiter.

Voici un aperçu de quelques épisodes.

Galilée

Paru dans Super Picsou Géant 25 (Août 1988).

Strauss

Paru dans Super Picsou Géant 31 (Août 1989). Sans doute l’un des meilleurs épisodes!

Docteur Trankill et Mister Twist

Paru dans Super Picsou Géant 32 (Octobre 1989).

Une liste (mais j’ignore si elle est exhaustive) de différents épisodes de la série est disponible sur ce site.

Joel

Le glacier Blanc

Le Pelvoux vu depuis la terrasse du refuge du Glacier Blanc. Photo prise en soirée après le coucher du soleil.
Au même moment et depuis le même endroit: le Glacier Blanc vu depuis le refuge du Glacier Blanc.
Le Glacier Blanc en direction de la vallée. Photo prise le lendemain matin depuis le sentier de moraine entre le refuge du Glacier Blanc et le refuge des Écrins.
Photo prise au même endroit dans l’autre sens: le Glacier Blanc en direction des Écrins – on aperçoit le Dôme de neige au fond.
Le Pelvoux derrière le glacier Blanc. Photo prise à l’endroit où le sentier de la moraine rejoint le glacier. Au-delà, les crampons sont obligatoires!

 

 

Valérian et la cité des mille planètes

Film de Luc Besson (2017). 

Recommandé: oui!

Ce qui marche

  • Valérian est un film complet: il y a de l’action, du mystère, de l’exotisme, de l’humour, une histoire d’amour, des personnages attachants, un méchant et des personnages secondaires réussis.
  • Le rendu visuel est splendide. C’est un foisonnement de couleurs, de formes, de créatures et de costumes qui en mettent plein la vue. C’est d’autant plus appréciable que les films de science-fiction ou d’actions sont aujourd’hui majoritairement sombres, avec abondance de gris et de faible luminosité. Besson est à contre-courant et c’est très agréable pour le spectateur 🙂

Ce qui ne marche pas

  • La musique du film est décevante. Signée Alexandre Desplat, pourtant auteur de la splendide B.O. du Grand Budapest Hotel, elle était attendue mais reste assez banale. On sort de la salle de cinéma sans garder un seul air en tête.

En résumé: un divertissement d’excellente qualité!

Joel

Lire aussi: une critique américaine, une critique italienne

Blockchains: quelques liens

L’objectif de ce court article est de lister quelques liens utiles pour comprendre les blockchains.

  • https://anders.com/blockchain/

C’est une vidéo de 17 minutes (en anglais) et c’est à ce jour la meilleure introduction aux blockchains  que j’ai trouvée.

  • https://bitsonblocks.net/2015/09/09/a-gentle-introduction-to-blockchain-technology/

Une explications (en anglais) très pragmatique sur les concepts techniques à la bases des blockchains.

  • https://www.youtube.com/watch?v=93E_GzvpMA0

Une illustration vidéo plus fonctionnelle (et toujours en anglais) sur les blockchains

Joel

 

S’abandonner à vivre, de Sylvain Tesson

Recueil de nouvelles de Sylvain Tesson

Recommandé: oui!

Ce qui marche

  • La langue française maniée avec virtuosité. Chaque nouvelle est un plaisir à lire, quel que soit son sujet.
  • Des personnages et des situations qui sonnent juste. Il n’y a pas ce côté artificiel de tant d’auteurs modernes. L’auteur a beaucoup observé, beaucoup vécu et l’expérience se sent dans ses écrits.
  • Même si les sujets des nouvelles sont des plus variées, certains thèmes sont chers à l’auteur et reviennent souvent: la culture russe, les grands espaces, l’escalade. On retrouve aussi souvent une petite pointe d’anarchisme lorsqu’il parle des sociétés occidentales.

Ce qui ne marche pas

  • Le regard porté par l’auteur sur les personnes, les situations, la société (et j’en passe) est généralement négatif. Ce sont des textes engagés, parfois quasiment des textes d’écorché, dont il ressort cynisme (un peu) et pessimisme (beaucoup). Après quelques nouvelles on s’habitue et on s’étonne moins: des retournements en deviennent prévisibles.

Citations

  • « Il y a des ermites qui ont fini assis sur des colonnes. Était-ce pour se rapprocher de Dieu ou pour fuir les emmerdeurs? »
  • « un écueil qui fracassa tellement de vaisseaux qu’on se demande si ce n’est pas l’accumulation des épaves qui constitue le haut-fond »

Joël